jamais
non jamais je ne t’ai pleuré
de la colère…oui
mais des larmes…non
trop longtemps dans le manque
trop de jours à chercher à te retrouver
dans un film
dans un livre
dans d’autres visages
aujourd'hui il est temps
de lâcher la colère pour les larmes...
mais qu’a-t-elle à me regarder
faut lui mettre une laisse à ta femme !
avait dit
le beau moniteur de ski nautique
au père de mes filles
je le regardais éperdument
parce que trop de ressemblance avec toi
même sourire en coin
prêt à me dire tu viens picpuce...
même dégaine
une certaine élégance
une aisance de beau garçon
chris avait failli lui casser la figure
un jour
de promenade du côté du boulevard saint georges
je croise ton portrait dans une vitrine d’antiquaire
j’ai dû rester une heure devant ce tableau
ce n’était pas toi mais presque
pas eu la présence d’esprit d’entrer
d’acheter…
quand je suis revenue quelques jours après
tu n’étais plus là
quelqu’un ou quelqu’une t’avait ravi
une vie sans toi
c’est long papa
me sauver d’elle ?
vite me sauver d’elle…
de ses absences
de cette beauté figée
de ce corps encore beau
qui s’amenuise, se rétrécit
vaillance désengagée
parfois me sauver d’elle…
nous sommes le 28 ?
non mam le 12
et ainsi tous les matins
depuis que le mois se prénomme septembre
accrochée à ce 28
elle n’attend que le 28
je sais
j’ai compris
que ça veut dire
je t’aime ma fille
c’est ton jour à toi
c’est le plus beau de ma vie
elle l’a dit à chris
alors invariablement
tous les matins elle me demande
si nous sommes le 28
que ferons nous le 29 ?
y aura-t-il un 29 ?